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Ce n’est pas parce qu’on a rien à dire….

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« Ce n’est pas parce qu’on à rien à dire qu’il faut fermer sa gueule » affirmait en 1975 le film de Jacques Besnard.

Mais c’est justement parce qu’il a quelque chose à dire que Cyril Mokaiesh a décidé d’ouvrir la sienne.

Présent dans le paysage musical français depuis une dizaine d’années, après avoir officié au sein du groupe « Mokaiesh », c’est par sa carrière solo qu’il se fait finalement remarquer.

Du Rouge et des passions, sorti en 2011, lui permet de se produire au festival des Francofolies de La Rochelle ainsi qu’à la Fête de l’Humanité. L’Amour qui s’invente (2014),  Naufragés (2015) et Clôture (2017) commencent à baliser un parcours qui s’annonce prometteur.

Les références souvent citées à son égard (Léo Ferré, Noir Désir,…) sont justifiées. A l’écoute de « Mon époque » ou du « Cri des essoufflés » on retrouve une amplitude et une projection de voix, une certaine façon de tenir les finales, une orchestration tumultueuse ou bien miroitante dans les arpèges qui rappellent l’univers du poète monégasque.

Revendicatif, Cyril Mokaiesh écorche les dérives du système (« La Loi du marché », « Clôture », « Ici en France », « Seul ») sans la rage musicale du rock dont s’entourait Bertrand Cantat. Le texte prime ici.

Cependant, réduire Mokaiesh à un manifeste seulement politique parce qu’il a chanté « Communiste », serait bien trop réducteur. Engagé certes, révolté évidemment, partisan sans aucun doute. Mais surtout militant.

Militant d’un regard humaniste et concerné, parfois idéaliste, mais souvent poétique sur les aléas de la vie et les rebonds du quotidien : « On dira qu’on n’a pas vu venir le lierre grimper sur nos cœurs….

C’est la précarité des sentiments, le mal-être des séparations (« 32 rue Buffault »), les blessures et les difficultés des relations (« Folie quelque part », « Remettre un peu de bleu », « Blanc cassé ») qui sont éclairés par la plume de l’artiste.

Mais Cyril Mokaiesh se fait aussi interprète des mots des autres, à la façon du travailleur manuel.

Il tire de l’oubli douze chansons empruntées à des auteurs notoirement méconnus (Jacques Debronckart, Bernard Dimey, Vladimir Vissotsky,…) ainsi qu’à quelques autres issus du même encrier (Philippe Léotard, Mano Solo, Allain Leprest, Daniel Darc). Cyril Mokaiesh nous propose des interprétations débarrassées des scories du paraître et de la séduction facile dont s’alourdissent quelques récents braillards…. On est plongés dans la confidence, la proximité, l’intimité. On sent la matière pétrie, façonnée, polie avec l’attention de l’artisan respectueux de la belle ouvrage. Il a su conserver l’esprit du texte que renforce une orchestration épurée et sobre (voix & piano) grâce à la complicité efficace de Giovanni Mirabassi. Il se fait la « voix de leurs âmes », pour paraphraser Keny Arkana.

 « Regarde au loin là-bas

L’envolée de la mer

Elle te fait la musique et joue

Ses plus grands airs

Elle te parle un langage venu

D’un autre temps

Que tu peux t’inventer

Si tu t’y plais

Dedans… « 

(Du rouge et des passions)

 

Pierre

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UNE-SACREE-MAMIE-01Une sacrée mamie / Yoshichi Shimada et Saburo Ishikawa

La mère d’Akihiro ne pouvant plus subvenir à ses besoins, elle décide d’envoyer son plus jeune fils chez sa grand-mère, à la campagne. Pour le petit garçon, une nouvelle vie commence auprès de la vieille femme et de son entourage. Les moyens de subsistance sont maigres mais avec beaucoup d’imagination et d’astuces, cette sacrée mamie réussit à améliorer le quotidien. Grâce à un tempérament hors du commun, ce personnage haut en couleur réussit à communiquer sa joie de vivre et sa façon de toujours voir la vie du bon côté à son petit-fils. Les 11 tomes de la série permettent aussi de faire connaissance avec de multiples personnages comme Nanri le meilleur ami bagarreur d’Akihiro, Tanuma le camarade de classe rapporteur et avare, Monsieur Aota l’instituteur ou encore la grand-mère de Nanri « Tome-aux-oreilles-infernales » matriarche du village qui n’hésite pas à user et abuser de sa situation pour obtenir de nombreuses faveurs des villageois.

Ce manga est une adaptation de l’autobiographie de Yoshichi Shimada qui a connu un vif succès au Japon. Ce récit tendre et drôle, oscillant sans cesse entre rire et émotion, évoque le Japon des années 50-60 et la relation particulière entre cette sacrée mamie et son petit-fils.

Vanessa

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graines-de-montagneGraines de montagne de Philippe Barbeau et Etienne Pageault

Dans un pays tout plat, vivent deux tribus : celle des petits très petits et celle des grands très grands. Les petits doivent se contenter de ce que veulent bien leur laisser les grands et cela leur déplait. Particulièrement le plus petit des petits qui invente toutes sortes de stratagèmes pour être plus grand que les grands. Dans cette course à la grandeur, les grands ne sont pas en reste mais heureusement tout finira bien dans ce pays où il y aura finalement des petits, des moyens et des grands !

Un album poétique sur la différence et le respect des autres. Les illustrations aux formes adoucies d’Etienne Pageault rendent ce livre très lumineux. Aux tons bruns orangés des illustrations répondent l’alternance de couleurs du texte. En effet, l’album est syllabé afin de faciliter la lecture et est ainsi adapté aux personnes qui apprennent à lire ou aux dyslexiques. Une mise en page spécifique que l’on retrouve dans d’autres titres de la maison d’édition La poule qui pond, installée à Clermont-Ferrand.

Vanessa

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Bonnes nouvelles du monde, par Alain Serres et Nathalie Novi, aux éditions Rue du Monde

Le vieux Théophraste, journaliste à la retraite, envoie chaque matin les mille oiseaux de sa volière parcourir le monde à la récolte des nouvelles. De retour de leurs longs périples, chaque soir les oiseaux parlent et échanges leurs informations, malheureusement les nouvelles ne sont pas bonnes ! « Atchoum ! La forêt a éternué ! », « Boum boum ! Les armes ont parlé ! », « La faim a encore affamé »…Théophraste est désespéré et se désole à l’annonce de ces tristes nouvelles. Un jour heureusement, un petit colibri « Zunzuncito »,  arrive à la volière, lui qui est si petit, compte bien se faufiler dans tous les recoins de la planète à l’affût des moindres petites bonnes nouvelles, des petits bonheurs, des messages d’humanité… afin de redonner le sourire et l’espoir à Théophraste.  Y parviendra-t-il ?

Un bel album avec de magnifiques illustrations de Nathalie Novi et un texte d’Alain Serres qui nous décrit les difficultés du métier de journaliste et sur une note optimiste nous donne une belle leçon de citoyenneté et l’espoir de connaître un jour un monde meilleur.

Sylvie

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Sans titre

Cette semaine, je partage un double coup de cœur jeunesse…

L’enfant minuscule de Clotilde Perrin aux éditions Rue du monde est un petit bijou tant par le texte que par les illustrations. Un bébé vient d’arriver dans la famille. Le grand frère observe et demande qu’on s’occupe aussi de lui. Et moi, et moi, et moi… Comme il serait doux de redevenir bébé. Il boit une gorgée d’un biberon laissé à moitié plein sur la table du petit déjeuner. Juste pour goûter. Et l’inattendu se produit : il se met à rétrécir, à rapetisser, jusqu’à devenir minuscule.  Et c’est parti pour l’aventure ! Il saute sur le dos d’une mouche, gambade dans les hautes herbes parmi les insectes, suit un être Plus-petit-que-petit dans sa tanière qui ouvre pour lui son coffre aux trésors. L’enfant se souvient qu’un trésor l’attend aussi chez lui…

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sans-titreMon second coup de cœur est pour la maison d’édition Rue du monde : des histoires poétiques, des textes intelligents, qui aident à découvrir le monde et à grandir. Des univers d’illustrateurs qui cultivent l’imaginaire et accompagnent la rêverie. Un éditeur que nous aimons… près de 150 titres (sur les 430 publiés) sont à découvrir à la médiathèque !

La parole est à l’éditeur : « Voici ici rassemblés les 425 livres que Rue du monde a fait naître en 20 années de travail intense et passionné. Des livres ouverts aux autres, hauts en couleurs chaleureuses, et porteurs, en creux, d’un monde fraternel. En bibliothèque, à l’école ou chez votre libraire, invitez vos enfants à cheminer sur cette longue rue de papier : cela devrait muscler leur créativité et peut-être aussi leur humanité. (Edito du catalogue 2017)

Catherine

Coup de coeur

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et-je-danse-aussi

Et je danse, aussi / Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat, 2015, premier roman à quatre mains (et pour adultes) de deux auteurs jeunesse

Pierre-Marie Sotto, grand écrivain (1,92m), lauréat du Prix Goncourt mais en panne d’écriture, reçoit par la Poste une grosse enveloppe envoyée par Adeline Parmelan, « grande, grosse, brune » et sa lectrice passionnée. Encore un manuscrit qu’il n’a vraiment aucune intention de lire comme il le lui indique par mail. Mais l’échange électronique prend vite une tournure imprévue. A coups de questions, de réponses et de confidences au sujet de leurs propres vies, il devient vite indispensable au bon déroulement de leurs journées : il y est question de la vie, de bonnes raisons de la trouver belle, de reconstruction, de complicité et de manque ; d’un peu de psychologie aussi et de petits arrangements avec la réalité. Quand la vérité éclate, tout s’assemble pour une fin inattendue.

Une première partie plutôt légère, une seconde plus sombre mais tout aussi prenante, un dénouement bien amené, bien plus que ce que promettait la 4ème de couverture. Un roman drôle et très touchant sur la vie et sur la revanche qu’on peut en prendre…

Danielle

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ugly-princess-1-akataUgly princesse, T. 1 de Natsumi AIDA

Mito Meguro est une jeune collégienne très complexée par son physique ingrat. Etant moquée depuis longtemps par ses camarades, elle s’est réfugiée dans son monde imaginaire, ses mangas et ses jeux vidéo, jusqu’ à ce que le beau Kunimatsu lui adresse la parole. Dès lors, ce petit geste va la pousser à se prendre en main, à reprendre confiance en elle et à s’affirmer en se débarrassant de ses complexes.

Mito Meguro est une héroïne attachante, loin des clichés et des standards de beauté, elle souhaite juste pouvoir mener une vie heureuse même si la vie ne lui a pas offert un physique des plus avenants. L’humour et la tendresse de ce shōjo (manga pour jeune fille), nous donnent envie de suivre cette jeune fille volontaire dans sa vie de collégienne. Une lecture qui questionne sur la place des apparences dans notre société, à découvrir à tout âge !

A partir de 11 ans, à découvrir parmi les nombreuses nouveautés mangas et BD de la bibliothèque jeunesse.

Vanessa