D’après une histoire vraie

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d-apres-une-histoire-vraie-de-delphine-de-viganDans un livre, certes sous-titré « roman », mais écrit à la première personne et dont la narratrice a le même prénom que l’auteur, le lecteur est en droit de se poser cette question : qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est inventé dans ce récit ? La vérité d’une œuvre littéraire n’a rien à voir avec sa fidélité à des faits avérés, vérifiables. En fait, qu’importe que tout cela se soit réellement passé. Tout est vrai, parce qu’on y croit, parce qu’on se laisse prendre, parce qu’on tremble pour Delphine, parce qu’on hait L. La vérité d’une œuvre littéraire n’est pas non plus la vraisemblance : quelle fadeur, quelle médiocrité derrière ce mot ! Même si certaines coïncidences semblent un peu grosses, on se laisse mener, et justement parce qu’on perçoit l’invraisemblance, on se dit qu’il se passe quelque chose dans ce récit qui échappe à la réalité, qui n’est pas simple maladresse fictionnelle. Tout est vrai, parce qu’on a envie d’en connaître le dénouement. Ou plutôt parce qu’on souhaite que cette histoire avec laquelle on passe nos soirées, nos moindres temps libres, n’ait pas de fin, qu’elle dure encore, qu’elle nous accompagne le plus longtemps possible. Et même quand on s’aperçoit que notre esprit a été manipulé, quand le doute s’immisce, on ne peut pas parvenir à en vouloir à Delphine. On a juste envie de lui dire merci.

D’après une histoire vraie, de Delphine de Vigan, a obtenu le prix Renaudot 2015.

Catherine

 

 

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