Jean Anglade, 100 livres, 100 ans

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jean Anglade

Jean ANGLADE, est né le 18 mars 1915 dans un hameau d’Escoutoux. Il est le fils d’une servante et d’un ouvrier maçon qui sera tué sur le front de la Somme en 1916. Se destinant d’abord à être menuisier, il entre à l’Ecole Normale d’instituteurs de Clermont-Ferrand sous l’influence d’un de ses professeurs de cours complémentaire. Il obtint son premier poste à Thiers. Sa condition financière très modeste – et dont il est fier car gage de sa simplicité – l’empêche de poursuivre des études mais il continue d’apprendre en autodidacte pour devenir professeur de lettres. En 1935, il se marie. En 1943 naît sa fille unique, « sa plus belle réussite » comme il se plait à le dire avec tendresse. Dès 1944 il est professeur de français à l’Ecole Nationale Professionnelle de Thiers (aujourd’hui Lycée Jean Zay). Il obtient son agrégation d’italien en 1947 puis enseigne cette langue au Lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand de 1949 à 1975.

Il a trente-sept ans lorsque paraît en 1952 son premier roman Le Chien du Seigneur qui aborde l’histoire d’un prêtre ouvrier officiant dans une usine de caoutchouc. C’est un sujet très sulfureux pour l’époque mais le pari est brillamment relevé. Dès lors, il ne cesse pas d’écrire, les titres se succèdent et le succès est vite au rendez-vous. En 1957, Jean Anglade obtient le Prix du roman populiste pour L’Immeuble Taub. En 1967, Des chiens vivants est un roman qui juxtapose le journal de bord imaginaire de trois nazis incarcérés par le tribunal de Nuremberg. En 1969, son vingt-et-unième ouvrage est son premier « roman auvergnat » : il s’agit d’Une Pomme oubliée. A partir de là, l’Auvergne devient sa principale source d’inspiration, ce qui lui vaut le surnom de «Pagnol auvergnat ». Après Henri Pourrat et Alexandre Vialatte – qui fut un de ses amis – il est celui qui incarne, avec le plus de ferveur et de générosité pour sa terre d’origine et ses habitants, l’Auteur auvergnat.

A 100 ans, le doyen des lettres auvergnates et aussi l’un des plus prolifiques puisqu’il a écrit une centaine de livres. Le registre de l’auteur est vaste, entre biographies (Pascal l’insoumisLes Montgolfier, Hervé Bazin), livres d’histoire (La Vie quotidienne en Italie, La Vie quotidienne des immigrés en France), essais, livres humoristiques, traductions (Le Prince de Machiavel, Le Décaméron de Boccace), recueils de poésie, scénarios de films ou pièces de théâtre. Mais malgré des millions d’ouvrages vendus, des rééditions nombreuses, systématiquement en poche, et des livres parfois traduits en anglais Jean Anglade est toujours resté discret, loin des émissions de télévision et des cercles littéraires de la capitale. S’il est resté distant, c’est peut-être aussi par désaccord avec les critiques, qui l’ont étiqueté « écrivain régionaliste » ou « de terroir ». Une étiquette qu’il récuse, car si Jean Anglade a écrit sur l’Auvergne, il est aussi l’auteur d’une œuvre variée, et si la plupart de ses romans ont pour décor sa région natale, pour autant, les œuvres de Jean Anglade explorent davantage le genre humain que la géographie auvergnate. Cet écrivain à succès est devenu une référence dans la culture littéraire de la scène littéraire française.

Toutes les œuvres de Jean Anglade sont disponibles à la Médiathèque.
Monsieur Anglade est l’invité d’honneur de notre fête du livre « Thiers à la page » les 29 et 30 mai

Au programme (toutes ces activités sont gratuites) :

Découvrir la carrière de Jean Anglade, grâce au téléfilm « A l’école de ma vie », projeté en présence de son réalisateur Yves Courthaliac, le vendredi 29 à 20h au cinéma Le Monaco

Rencontrer l’auteur en personne, lui faire dédicacer son dernier roman Le Grand dérangement, ou d’autres…, le samedi 30 mai de 10h à 12h30 et de 15h à 17h place Antonin Chastel

Ecouter une sélection de textes parmi les plus remarquables de Jean Anglade, lus par les comédiens-lecteurs de Acteurs, Pupitres et Cie, samedi à 14h, salle des Ursulines

Ecouter encore une évocation de la vie et l’œuvre de Jean Anglade au travers d’un montage sonore, audible dans une « cabine d’écoute », samedi de 10h à 17h, place Antonin Chastel

Etudier. Comme en clin d’œil à sa carrière d’enseignant, venir s’essayer aux dictées et exercices de calcul dans un authentique décor d’Ecole communale. Ou, si on est d’humeur plus champêtre, préférer l’école buissonnière et ses lectures au pied de l’arbre…

 Catherine

crédit photo: Artephoto Stéphane Olivier


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